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    Fondat 2009 • ISSN 2065 - 4200 Anul 13 → 2021

    MIHAI EMINESCU: Passe le temps, vienne le temps ! Version française de Paula ROMANESCU

    Paula ROMANESCU
    BUNĂ ZIUA SUB LUCEAFĂR!

     

     

     

     

    MIHAI  EMINESCU: Passe le temps, vienne le temps !   Version française de Paula ROMANESCU

    Se va publica în serie începând cu 1 aug. 2017
    Editor: Ion ISTRATE

     

     

     

     

     

     

     

    În loc de prefaţă / Au lieu de préface

     

     Eminescu n’a pas existé.
    Il y avait seulement un beau pays au bord d’une mer
    Là où les vagues font des nœuds blancs
    Comme une barbe mal peignée de vieux prince.
    Il y avait encore des eaux qui ressemblaient aux arbres coulants
    Là où la lune fait son nid rond.
    Et surtout il y avait des gens simples –
    Mircea Le Vieux**, Étienne Le Grand***
    Ou tout simplement des bergers, des laboureurs,
    Qui aimaient dire le soir auprès du feu des poésies :
    Mioritza, et Hypérion, et Lettre III…****
    Mais puisqu’ils entendaient toujours les chiens aboyer à leur bergerie,
    Ils s’en allaient lutter avec les Tatars, avec les Avars,
    Avec les Huns, avec les Polonais, avec les Turcs…
    Le temps qui leur restait libre entre deux dangers,
    Ces hommes-là faisaient de leurs flûtes des auges
    Pour les larmes des pierres attendries
    Pour que les doïnas se mettaient à couler doucement
    De toutes les montagnes de Valachie, de Moldavie,
    Du Pays de Bârsa, du Pays de Vrancea et
    D’autres Pays Roumains.
    Il y avait encore des forêts épaisses
    Et un jeune homme qui leur parlait en leur demandant
    Pourquoi tremblaient-elles toujours avec ou sans vent…
    Ce jeune homme aux yeux grands comme toute notre histoire,
    Passait, perdu dans ses rêves, du livre cyrillique au livre de la vie
    En comptant les peupliers de la lumière,
    De l’amour ou de la raison
    Qui lui restaient toujours impairs.
    Il y avait toujours des tilleuls et les deux amoureux
    Qui savaient en amasser toutes les fleurs par un baiser.
    Et il y avait des oiseaux comme des nuages
    Qui flottaient au-dessus de leurs têtes
    En longues prés mouvementés.
    Et puisque toutes ces choses-là devaient porter un nom –
    Un seul nom,
    On leur a dit Eminescu.

    Marin SORESCU

    ____________________________________________  __________

    * Mihai Eminescu (1850-1889), le plus représentatif poète roumain, le dernier romantique de l’Europe.
    ** Mircea Le Vieux, prince de Valachie (1386-1418), vainqueur des Turcs conduits par Bayazid même, en 1394, à Rovine, là où aujourd’hui il y a le village de Ţuţuleşti, département d’Argesh.
    *** Étienne Le Grand, prince de Moldavie (1457-1504), 36 batailles, 34 victoires. Grâce à ses victoires qui empêchèrent les envahisseurs turcs ainsi que les peuples migratoires de conquérir toute l’Europe, le Pape Sixt IV le nomma «L’Athlète de Christ» – «Vague de la chrétienté » (Lettre de Buda).
    ****Mioritza, ballade populaire cueillie par Basile Alecsandri ; Hypérion, Troisième Lettre – poèmes emblématiques de Mihai Eminescu.

     

    Sonete  / Sonnets

     

    S-a stins viaţa

    S-a stins viaţa falnicei Veneţii,
    N-auzi cântări, nu vezi lumini de baluri;
    Pe scări de marmură, prin vechi portaluri,
    Pătrunde luna, înălbind pereţii.

    Okeanos se plânge pe canaluri…
    El numa-n veci e-n floarea tinereţii,
    Miresei dulci i-ar da suflarea vieţii,
    Izbeşte-n ziduri vechi, sunând din valuri.

    Ca-n ţintirim tăcere e-n cetate.
    Preot rămas din a vechimii zile,
    San Marc sinistru miezul nopţii bate.

    Cu glas adânc, cu graiul de Sibile,
    Rosteşte lin în clipe cadenţate:
    „Nu-nvie morţii – e-n zadar, copile!”

     

    Finie la vie…

     Finie la vie de la très fière Venise !
    Ni chants joyeux, ni lumières de bals,
    La lune passe sur de vieux portails noirs
    En blanchissant le marbre des marches grises.

    Okéanos pleure sur le canal,
    Son âge en fleur n’est pas toujours de mise
    Il donnerait son âme à sa promise ;
    Il frappe aux murs, aux bords, en désespoir. 

    Toute la cité – déluge de solitude !
    Prêtre resté de la nuit des temps,
    Saint-Marc sonne minuit de sa voix rude

    Qui parait dire – Sibylle des jours d’antan –
    Ces mots profonds, chargés de lassitude :
    «Les morts, c’est pour toujours, mon cher enfant!»  

                                                           1880

     

     



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